Et si la douleur du genou trouvait parfois son origine dans le bas du dos ? C’est l’hypothèse qu’ont voulu vérifier des chercheurs coréens dans une étude publiée en 2023 dans la revue scientifique Complementary Therapies in Medicine. Leur objectif était de mesurer les effets d’une manipulation vertébrale, une technique souvent utilisée en chiropraxie, sur des patients souffrant du syndrome fémoro-patellaire, plus connu sous le nom de syndrome rotulien.
Le syndrome rotulien, une pathologie du genou fréquente
Dans de nombreux cas, le SFP se caractérise par des activités physiques vigoureuses qui exercent un stress sur l’articulation du genou, comme le jogging, les accroupissements et la montée d’escaliers. Il peut également être causé par un changement soudain dans l’activité physique. Ce changement peut concerner la fréquence de l’activité, comme l’augmentation du nombre de jours d’entraînement par semaine, ou l’intensité de l’activité, comme l’augmentation de la distance parcourue ou du poids soulevé. En l’absence de prise en charge, le SFP peut, à terme, conduire à des douleurs chroniques et à une altération de la fonction articulaire, avec, dans le pire des cas, un effet délétère, comme l’usure du cartilage rotulien, appelée chondromalacie, voire à une arthrose du genou.
Pourquoi les traitements habituels montrent parfois leurs limites
Le plus souvent, les patients se tournent vers la rééducation classique reposant le plus souvent sur le renforcement quadriceps, le relâchement des ischio-jambiers et l’auto-rééducation du tendon du quadriceps. Ces exercices sont souvent associés à l’utilisation d’orthèses et de bandes de taping. Ces approches peuvent être efficaces pour certains patients, mais elles ne fonctionnent pas toujours pour tout le monde. En effet, elles ne prennent pas en compte l’ensemble de la mécanique corporelle et peuvent parfois se révéler insuffisantes. Le syndrome rotulien, c’est souvent un problème de déséquilibre global, entre les forces “en action” et celles “en réaction”, qui persistent et s’installent dans le temps.
Du bas du dos au genou : une mécanique corporelle interconnectée
Pour comprendre le SFP, il faut revenir à la physiologie du corps humain. Le corps humain est une machine complexe et le squelette, le plus souvent, prend naissance au niveau des vertèbres lombaires L3 à L5. Si la mobilité ou les signaux nerveux à ce niveau sont perturbés, cela peut modifier la façon dont le muscle se contracte. Autrement dit, un dysfonctionnement lombaire peut avoir des répercussions à distance, sur le genou.
Une étude coréenne rigoureuse
L’étude coréenne a inclus trente participants présentant un syndrome fémoro-patellaire. Les volontaires ont été répartis en deux groupes : un groupe ayant reçu une manipulation vertébrale ciblant les vertèbres lombaires L3 à L5, et un groupe ayant bénéficié d’une intervention placebo sans manipulation réelle. Chaque patient a subi deux séances réparties sur quatre semaines, avec un suivi à trois mois.
Avant et après les traitements, les chercheurs ont évalué plusieurs paramètres : la tolérance à la pression, la douleur ressentie, la force musculaire, la proprioception (c’est-à-dire la perception de la position du genou dans l’espace), l’équilibre dynamique ainsi que la capacité de maintien sur une jambe. (source)
Des résultats encourageants
Les participants ayant bénéficié des manipulations vertébrales ont significativement amélioré leur seuil de tolérance à la douleur : ils supportaient mieux la pression sur la rotule et ressentaient moins de douleur lors des mouvements. Ils ont également accru de manière notable, bien plus que dans le groupe placebo, leur force.
Les tests effectués pour la proprioception et l’équilibre révèlent des résultats significativement différents entre les deux groupes.
Comment agit la manipulation vertébrale ?
Certainement un des mécanismes d’action de la manipulation vertébrale n’a pas pour objectif de “réduire la douleur”. Elle agit plutôt en modifiant la perception de la douleur par le cerveau, en rétablissant des schémas de mouvement plus efficaces et en réduisant les tensions musculaires. En d’autres termes, la manipulation vertébrale permet de rétablir des réflexes inhibiteurs efficaces de la douleur articulaire.
En rétablissant une meilleure mobilité des vertèbres lombaires, elle permet au genou de retrouver une fonction optimale.
La chiropraxie : une approche globale au service du mouvement
La chiropraxie aborde le corps dans sa globalité et propose une approche multimodale de la thérapie manuelle doublée d’un rééquilibrage articulaire, travail musculaire, des explications et conseils adaptés. Elle permet de soulager les douleurs, d’améliorer la mobilité et de prévenir les récidives. C’est pourquoi elle a une place de choix, à l’égal des conseils, d’exercices afin de soulager le patient et de l’accompagner vers un meilleur état musculo-squelettique.
Cette prise en charge fonctionnelle et personnalisée correspond aux recommandations de la Haute Autorité de Santé, qui encourage les approches actives pour le traitement des douleurs musculo-squelettiques chroniques.
