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Dix idees recues sur le mal de dos chez les seniors ce que la science nous apprend

Dix idées reçues sur le mal de dos chez les seniors : ce que la science nous apprend

15 Sep 2023

Le mal de dos est l'une des principales causes de douleur et de perte d'autonomie chez les personnes âgées. Pourtant, une grande partie des croyances et solutions classiques reposent sur des idées reçues. Nous allons passer en revue chaque idée préconçue et la confronter aux faits établis par la science. Manuel Martinez, chiropracteur, nous éclaire sur les mythes les plus fréquents et nous donne des conseils pour mieux vivre avec un mal de dos, même à un âge avancé.

1. “Avoir mal au dos, c’est normal quand on vieillit”

Faux. Si le mal de dos est fréquent avec l’âge, il n’est pas une fatalité. Les études montrent que la prévalence du mal de dos diminue légèrement lorsqu’on atteint un âge plus stabilisé, comme l’indique l’American Geriatrics Society. “L’important, c’est de prendre soin de soi pour prévenir la douleur, avec une combinaison de facteurs : fatigue musculaire, surcharge professionnelle, mauvaise posture, manque d’activité physique, posture prolongée.”

Bouger, entretenir sa force musculaire reste la meilleure prévention.

2. “Chez les plus de 65 ans, le mal de dos cache toujours une maladie grave”

Faux. Moins de 5 % des douleurs lombaires des seniors sont liées à une pathologie grave (comme une tumeur ou une infection). La majorité sont d’origine mécanique et peuvent être soulagées. “Notre rôle est de rassurer les patients et de les accompagner dans la gestion de leur douleur. Vous devez consulter un professionnel de santé pour écarter les pathologies graves, mais dans 95 % des cas, il s’agit d’une douleur mécanique.”

3. “À partir de 60 ans, il faut faire une radio ou un scanner dès qu’on a mal au dos”

Faux. Si une imagerie est réalisée (en cas de “signes d’alerte” comme fièvre et poids, antécédents de cancer), elle n’est pas systématique. Les études ont montré que les anomalies d’imagerie apparaissent souvent chez les personnes sans douleur. “Les clichés ne sont pas toujours nécessaires et peuvent même être contre-productifs.”

Les résultats permettent une meilleure évaluation du patient et justifient un traitement adapté.

4. “Quand on a mal au dos, il ne faut surtout pas bouger”

Faux. Si dans une grande majorité des cas, l’activité adaptée est conseillée, il est essentiel de gérer la douleur. Les patients doivent être en mouvement, “en fonction de leurs envies et des recommandations”. Marcher, nager, faire des exercices d’étirement sont encouragés. “Il est important de rester actif et de maintenir la mobilité.”

Les exercices et les étirements aident à réduire la douleur et sont des stratégies pour prévenir les récidives.

5. “Le repos au lit est recommandé”

Faux. Un repos physique entraîne rapidement une fonte musculaire, une perte d’équilibre et un déconditionnement physique. “Il est conseillé de favoriser la reprise d’activité et de rester actif autant que possible.”

L’activité physique régulière permet de préserver l’autonomie et réduit la douleur.

6. “Les médicaments doivent être le premier réflexe”

Faux. Les traitements médicamenteux (antalgiques, anti-inflammatoires, myorelaxants) ont une efficacité limitée et des effets secondaires potentiellement graves chez les personnes âgées. “Les traitements non médicamenteux sont souvent plus efficaces et mieux tolérés.”

Les recommandations internationales, dont celles de l’OMS et de la Haute Autorité de Santé, encouragent à privilégier une approche non médicamenteuse, activité physique, éducation à la douleur et thérapies manuelles.

7. “La chirurgie est la solution pour les douleurs lombaires chroniques”

Faux. Sauf cas particuliers. Les chirurgies du dos sont parfois indiquées lorsqu’il existe une compression nerveuse importante (hernie discale paralysante), cependant l’option chirurgicale est réservée à une grande minorité et il est préférable de privilégier une approche conservatrice dans la gestion des douleurs et des complications infectieuses, entre traumatologie, thrombose surtout chez les seniors.

8. “La douleur chronique vient forcément d’une lésion”

Faux. La douleur n’est pas toujours proportionnelle aux constatations faites lors d’imageries (radio, scanner, IRM). Les douleurs peuvent persister même sans anomalie anatomique. “Il est important de ne pas se focaliser sur une anomalie structurelle pour déterminer la prise en charge.”

La douleur est souvent le résultat d’un ensemble de facteurs. C’est pourquoi il est important de l’évaluer de manière globale, en tenant compte de l’histoire du patient, des croyances, des peurs, des comportements d’évitement, des manipulations articulaires et des exercices prescrits.

9. “Les infiltrations et les blocs nerveux sont très efficaces”

Faux. Elles doivent rester exceptionnelles et être réalisées après échec des traitements conservateurs. Elles sont souvent inefficaces et ne sont pas indiquées pour tous les patients. “Les infiltrations sont réservées aux situations spécifiques.”

10. “Les hernies discales expliquent toujours la sciatique chez les seniors”

Faux. Les hernies discales sont fréquentes et ne sont pas toujours synonymes de douleur. Avec l’âge, les disques se déshydratent et se tassent, ce qui est tout à fait normal et ne cause pas de douleur. Chez les seniors, la sciatique est souvent due à une sténose du canal lombaire, qui est un rétrécissement du canal où le nerf passe. “Il est important de bien évaluer la cause de la douleur pour proposer un traitement adapté.”

Pourquoi ces mythes persistent-ils ?

Ces fausses croyances sont entretenues par la peur ou encore un manque d’information. Elles peuvent même mener à l’utilisation de remèdes qui ne sont pas adaptés, voire nocifs pour les patients. “Il est essentiel de se baser sur des faits scientifiques pour mieux comprendre et gérer la douleur.”

Affichez les infographies, les vidéos et les articles sur le site pour aider à mieux comprendre. Selon Dr. Martinez, cela commence par une meilleure éducation à la santé, avec un suivi régulier et l’adoption de bonnes pratiques : relaxation, éducation, mouvement, accompagnement psychologique.